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    Pénurie de carburant, quand les infirmiers libéraux ne peuvent plus se déplacer pour assurer leurs soins à domicile …

    Pénurie de carburant, quand les infirmiers libéraux ne peuvent plus se déplacer pour assurer leurs soins à domicile …

    La Tribune libre de la Présidente de l’Onsil sur Marianne.net

    Depuis plusieurs jours, la pénurie de carburant met en difficulté l’exercice infirmier à domicile. Cela a pour conséquence directe de remettre en cause la prise en charge de patients dépendants atteints de maladies chroniques, lorsque l’on sait que ce sont plus de deux millions de personnes qui sont prises en charge quotidiennement par ces infirmiers.

    Encore une fois, le gouvernement n’a pas su anticiper alors que ce conflit couvait depuis le mois de mars.

    Encore une fois le Gouvernement nous plonge dans une situation inextricable, nous met devant le fait accompli en nous suggérant encore de trouver des solutions seuls, comme pour les masques, blouses, etc.

    L’État met à nouveau les patients et les professionnels de santé en danger.

    Nous ne sommes pas les secouristes du Gouvernement, nous ne sommes pas là pour soigner son image et faute de carburant, nous ferons hospitaliser nos patients si c’est nécessaire. Nous engorgerons un peu plus les urgences.

    Pour exemple, si demain nous ne soignons plus les patients diabétiques insulino-traités, ce sont 150000 personnes qui devront être hospitalisées.

    Le Gouvernement doit prendre ses responsabilités.

    On a beau solliciter les tutelles, les préfectures, nos élus, la généralisation de l’accès prioritaire aux stations-service n’est toujours actée. Seules quelques préfectures jouent le jeu.

    Le Gouvernement nous suggère de prendre notre vélo ou une bonne paire de chaussures et d’aller faire nos soins ?

    Le Gouvernement ne sait donc pas que tous les soins à domicile ne s’effectuent pas dans un périmètre restreint en hypercentre des grandes villes, mais aussi à la montagne, à la campagne, ou dans des communes où la voiture est indispensable pour effectuer les soins en temps et heure ?

    En 2022, l’État n’a pas de réserve de carburants malgré la privatisation ? C’est à désespérer !

    Alors gardons notre sérieux, nous représentons une profession qui a l’obligation de continuité des soins, 24h/24 et 7j/j.

    Nous sommes aujourd’hui dans une position extrêmement compliquée, rendant encore plus vulnérables les patients soignés à domicile. Cela nous pose un vrai cas de conscience face à la question :  comment continuer les soins sans moyen de déplacement au risque de les mettre en danger ?

    L’Onsil, syndicat d’infirmiers libéraux que je représente, presse le Gouvernement de nous assurer sans délai un accès prioritaire à des stations correctement approvisionnées, car un accès prioritaire sans carburant ne règlera pas le problème. Dans chaque commune et selon sa taille, une station-service minimum devrait nous être dédiée car il est impossible que nous fassions vingt kilomètres et attendions quatre heures pour aller faire le plein car les soins n’attendent pas. Par ailleurs, nous demandons au Gouvernement qu’il nous assure partout un accès sécurisé à ces stations, afin que la récente agression de notre collègue infirmière libérale ne se reproduise pas.

    https://www.marianne.net/economie/consommation/files-dattente-violences-individualisme-ma-station-essence-va-craquer

    Il ne suffit pas à l’État de reconnaître qu’il a fauté, il doit aujourd’hui agir vite et efficacement pour rétablir une situation acceptable.

    Il est malheureux de constater que malgré tous les efforts fournis par les infirmiers libéraux bien avant la pandémie et mis en lumière avec la covid, qu’après la crise sanitaire, la guerre en Ukraine, l’explosion du prix du pétrole, l’inflation, aujourd’hui la pénurie de carburant nous pénalise.

    Serons-nous encore les dindons de la farce ? Une farce qui a bien mauvais goût et qui est d’usage avec notre profession depuis plusieurs décennies maintenant.

    Antoinette Tranchida, Présidente.

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