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    • 29 SEP 22
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    L’infirmière libérale : une chef d’entreprise ?

    L’infirmière libérale : une chef d’entreprise ?

    À toutes celles et ceux qui se projettent en faveur de l’exercice Libéral infirmier et qui envisagent pour toutes raisons justifiées de quitter le confort du salariat, à toutes celles et ceux qui pensent que la qualité de  leur expérience en tant que simple soignant suffit pour accéder au titre d’infirmière libérale, à toutes celles et ceux qui pensent que libéral rime avec liberté, enfin à toutes celles et ceux qui pensent que l’exercice libéral est synonyme  d’équilibre vie privée – vie professionnelle avec en complément la garantie d’une stabilité financière … prenez garde !

    Ne vous fiez surtout pas aux vendeurs de rêves et autres bonimenteurs du «travail facile- argent facile », mais interrogez vous d’abord sur les vérités cachées, sur la réalité de vos compétences médicales et extra médicales, sur le bloc de vos insuffisances, sur les véritables raisons de votre engagement, sur la hauteur de votre pugnacité, sur vos attendus et objectifs à terme et enfin sur l’ensemble de vos réelles disponibilités pour ce faire, car l’exercice libéral infirmier d’aujourd’hui n’a strictement plus rien à voir avec celui d’hier.

    L’exercice libéral ne se résume pas à dispenser des soins au domicile du patient, à encaisser des honoraires, à payer des frais ou à être libre de ses choix et de ses obligations, bien au contraire. Être infirmière ou infirmier libéral c’est avant tout exercer sous statut indépendant, auteur, compositeur, musicien et chef d’orchestre de la partition de son exercice libéral.

    En d’autres termes, être libéral c’est agir et convenir comme un patron, l’unique stratège de sa petite entreprise, s’obliger à revêtir le costume de chef d’entreprise avec la mallette en cuir remplie des multiples et diverses compétences extra médicales indispensables pour ce faire et bien évidement accepter d’être seul et unique responsable des décisions prises, pour le meilleur comme pour le pire.

    Malheureusement peu d’entre nous, pour ne pas dire personne, n’a accès préalablement à la boite à outils du chef d’entreprise, car il n’existe aucune formation préalable, inclusive et construite, en faveur de cette posture et de la doctrine qui alimente intégralement le paradigme de l’exercice libéral infirmier.

    Or, la complexité du modus operandi concernant l’exercice libéral infirmier est une réalité et non une « fake news ». Elle est de contrainte réelle et qui plus est, peut s’avérer devenir dangereuse voir préjudiciable pour les non-initiés car constitutive de pertes financières et de défaillances personnelles. Il ne suffit plus d’avoir comme unique bagage un savoir-faire médical, mais il faut aussi et surtout maîtriser le savoir-faire entrepreneurial qui consiste à agir comme un gestionnaire averti.

    La mise en place, la compréhension, l’utilisation et la prise en mains des outils administratifs, juridiques, économiques, conventionnels, comptables, etc., l’ajout de nouvelles procédures règlementaires et autres dispositifs d’application, la prise en compte des mesures et/ou actions fonctionnelles ou structurelles applicables à l’exercice libéral, l’ampliation des taches extra médicales à réaliser, représentent par leur volume un travail complémentaire mais surtout supplémentaire.

    Ce travail multi tâches, extra médical, incompressible, chronophage et anxiogène, très souvent incompréhensible dans sa lecture pour les non-initiés, demeure le moteur principal du résultat financier de l’exercice libéral infirmier, il ne peut être ni écarté ni même être reporté. 

    La liste de tout ce qu’il faut connaître et maîtriser est très longue et elle sort totalement du cadre et du champ des compétences médicales acquises.

    On ne naît pas infirmière libérale on le devient, encore faut-il acquérir préalablement et de manière quasi-professionnelle l’ensemble des outils et autres connaissances nécessaires et à toutes fins utiles pour ce faire.

    Faire abstraction ou faire l’impasse en faveur de cette posture et doctrine libérale entrepreneuriale serait à coup sûr une erreur, une faute professionnelle aux conséquences multiples dramatiques.

    En conclusion de tout ce qui est dit sur l’exercice libéral infirmier, lequel aujourd’hui de plus en plus compliqué, de plus en plus exigeant, de plus en plus concurrentiel, l’absence des prérequis entrepreneuriaux portée par un trop grand nombre d’infirmières et infirmiers libéraux en exercice, explique et confirme l’ensemble des conflits, des différends et autres anomalies qui conduisent inévitablement à l’échec.

    L’Onsil interpelle depuis longtemps les instances décisionnaires sur la prise en compte de cette aberration et réclame dans l’intérêt de tous une formation complémentaire et préalable sur la démarche entrepreneuriale avant toute installation en qualité d’infirmière libérale. 

    Adhérez à l’Onsil, le syndicat qui prend soin de vous !

    Franck Ribière,

    Idel, Vice-président Onsil.

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