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    • 03 MAI 22
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    Lettre ouverte au Président de la république, l’Onsil appelle Monsieur Macron à un quinquennat révolutionnaire et pragmatique pour l’exercice infirmier Libéral dans le cadre de la médecine de ville.

    Lettre ouverte au Président de la république, l’Onsil appelle Monsieur Macron à un quinquennat révolutionnaire et pragmatique pour l’exercice infirmier Libéral dans le cadre de la médecine de ville.

    Monsieur le Président,

     

    Dimanche dernier, plus de 28 % des électeurs se sont abstenus et nombreux sont ceux qui ont voté par colère ou par défaut, plus que par adhésion au programme de l’un ou l’autre des candidats. Ces scores, encore jamais atteints dans notre pays, révèlent l’importance des fractures qui traversent notre société.

    Parmi ces électeurs mécontents et indécis, se rassemblent un grand nombre de soignants et plus particulièrement un grand nombre d’infirmières et infirmiers libéraux attaché à notre médecine de ville.

    La colère de ces soignants libéraux ne fait qu’augmenter jour après jour, mois après mois, année après année car l’ensemble des problèmes, des difficultés, des contraintes mais aussi l’ensemble de leurs doléances exprimées en faveur d’un exercice Liberal reconnu, efficient à tous les égards, n’a toujours pas été pris en compte par votre gouvernance lors de votre mandat passé.

    Au regard du focus et des moyens diligentés à juste titre en faveur d’un l’hôpital en souffrance, pour la majorité des acteurs libéraux infirmiers, dévoués et engagés au sein de notre système de santé et plus précisément dans le cadre de notre médecine de ville, un profond sentiment d’injustice, de mépris et de laisser pour compte se propage inéluctablement.

    L’Onsil (Organisation Nationale des Syndicats d’Infirmiers Libéraux) en sa qualité de syndicat représentant les infirmières et infirmiers libéraux, vous interpelle en faveur d’un changement radical du paradigme de notre exercice Liberal infirmier, lequel aujourd’hui à bout de souffle, usé, écrasé par de multiples et diverses contraintes ne fait que survivre tant bien que mal.

    Cet exercice Liberal infirmier, toujours méprisé, ignoré des différentes dispositions et orientations prises à l’occasion des multiples plans « Santé » inscrits dans le cadre de la loi, résiste par civisme et humanité mais ne repose en réalité que sur les simples valeurs de dévouement et de résilience portées par l’ensemble des professionnels concernés pour ce faire.

    Il résiste aussi parce qu’il est plébiscité par celles et ceux, toujours plus nombreux, qui font le choix de rester à leur domicile pour se faire soigner, compte tenu des carences hospitalières et autres anomalies à ce jour insuffisamment considérées.

    Et pourtant face aux pénuries de médecins, pour garantir un accès aux soins satisfaisant et pour limiter l’engorgement du système de santé, les infirmières et infirmiers libéraux restent dans bien des situations les seuls soignants à visiter quotidiennement une partie de la population, même dans les territoires les plus reculés et la patientèle pris en charge évolue vers une patientèle à risque, médicalement plus lourde compte tenu du vieillissement de la population.

    Mais quid de l’État ? Si ce n’est des constats, des rapports, de belles promesses, de belles intentions, de belles incantations, des médailles et autres applaudissements qui in fine n’apportent strictement rien de concret et qui ne répondent d’aucune manière aux nombreuse doléances présentées pour corriger un système archaïque et dégradé.

    Toutes ces manœuvres intentionnelles inutiles, de nature « fake-news » sans concordance avec les réalités du terrain, confirment la doctrine et la posture décisionnelle de l’état en faveur d’une fin de non-recevoir envers celles et ceux qui de par leur valeur ajoutée médicale, sociale et économique complètent le dispositif médical de notre système de santé.

    Cette posture chronique de l’état qui consiste à oublier systématiquement l’exercice libéral infirmier est à la fois une posture désobligeante mais aussi une posture contre-productive pour la médecine de ville.

    Un véritable chantier doit être engagé, de véritables défis vous oblige, des choix gouvernementaux doivent être initiés à l’occasion de votre nouveau mandat afin de remettre en ordre, comme il se doit et pour le bien de tous, le système de santé qu’est celui de la médecine de ville, mais pour ce faire une dynamique collective est nécessaire qui ne peut et ne doit exclure de son pilotage le rôle et la place des infirmières et infirmiers libéraux.

    En tant que Syndicat, nous ne pouvons-nous satisfaire de vagues explications ou de promesses jamais tenues.

    La COVID 19 qui a traversé votre mandat à mis en évidence la fragilité de notre défense sanitaire et les carences de notre santé publique et de conséquences a porté à votre crédit :

    –           la rupture d’accès aux soins pour de nombreux français ;

    –           une augmentation des déserts médicaux ;

    –           la baisse conséquente de soignants en exercice ;

    –           la paupérisation de l’exercice Liberal infirmier ;

    –           un nombre inacceptable de suicide de soignants, constat indigne pour notre société ;

    –           l’abandon massif de la profession d’infirmière tout mode d’exercice confondus ;

    –           etc.

    D’autres mesures inadaptées ou incomplètes sont également venues compliquer l’accès aux soins telles que :

    –           l’ augmentation des procédures administratives, de gestion et de contrôle pour lesquelles d’ailleurs les infirmières et infirmiers libéraux ne bénéficient d’aucune formation préalable entraine en responsabilité une surcharge de travail complémentaire, chronophage et anxiogène pour l’ensemble des professionnels libéraux, bien loin des intentions de simplification prônés et soutenus lors de votre gouvernance passée ,bien loin des attendus espérés et revendiqués par l’ensemble des acteurs de terrain ;

    –           la limitation des déplacements en zone de montagne et rurale par les infirmiers ;

    –           la baisse des rémunérations pour la prise ne charge des patients dépendants à domicile alors même que le gouvernement ne cesse de vanter le maintien des personnes âgées à domicile après le scandale des EHPAD ;

    –           une hyper réglementation inaudible, inadaptée, archaïque et toxique pour l’ensemble des infirmières et infirmiers libéraux ;

    –           une juridicisation à outrance de notre exercice Liberal toute aussi malveillante qu’abusive portée à l’encontre des infirmiers libéraux, trop souvent arbitrée de manière léonine, sans aucune bienveillance de la part de nos autorités de tutelles.

    « L’administration quand elle se trompe, c’est une erreur ! Quand une infirmière libérale se trompe, c’est une voleuse ! »

    Monsieur le Président, sans un engagement déterminé au plus haut niveau de l’État en faveur de l’exercice infirmier libéral, notre système de santé de ville risque de vivre ses dernières années.

    Certes vous avez ouvert un premier débat à l’occasion du Ségur de la santé et nous ne pouvons que nous en réjouir pour le bien commun, cependant force est de constater que l’exercice infirmier Liberal fait encore parti des oubliés des réformes initiées. Un simple coup de projecteur sur notre raison d’être ne peut suffire à conclure ce débat et de nombreuses infirmières et infirmiers libéraux, professionnels de santé dits de ville, se désolent que tout cela se soit fait sans concertation préalable et collective.

    Compte tenu des multiples et divers divergences et oppositions qui circulent au sein de notre exercice Liberal il convient de reconnaitre que l’Ordre national des infirmiers (ONI) et les syndicats majoritaires ne sont pas l’alpha et l’oméga décisionnel pour un très grand nombre d’infirmières et infirmiers libéraux.

    Bien au contraire et c’est pourquoi l’Onsil, consciente des enjeux à venir pour la médecine de ville, consciente que la parole collective est supérieure à la parole individuelle, consciente que les infirmières et infirmiers libéraux méritent mieux mais surtout consciente de l’impérieux devoir à accomplir auprès de tous nos concitoyens, considère que tous les syndicats représentatifs de l‘exercice infirmier Liberal y compris les syndicats minoritaires ont matière à se retrouver auprès de votre prochain ministre de la santé afin de convenir ensemble et sous votre autorité des principales reformes à engager pour l’avenir de cet exercice et pour le bien de tous.

    Le Président de la République a indiqué, le soir du 24 avril, qu’il serait le président de tous les Français sans exception, alors Monsieur le « nouveau » Président de la république soyez à l’écoute de tous les représentants des organisations syndicalistes de notre exercice libéral infirmier, sans exception, car comme pour l’hôpital, il faudra aussi réfléchir à la place de chacun dans le système de soins en France, et en la matière les infirmières et infirmiers libéraux ont des revendications à faire entendre et sont prêts à relever le défi.

    Antoinette Tranchida,

    Présidente.

    Contact presse : 06 07 08 01 19

     

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