• 26 MAI 20
    • 0
    Ségur de la Santé : on garde le cap de l’avant-crise.

    Ségur de la Santé : on garde le cap de l’avant-crise.

    Alors que le Ségur de la Santé s’est ouvert hier, le Premier Ministre y a fait un discours qui en pose les limites.

     

    Les intentions affichaient une volonté de réforme en profondeur, mais on doute déjà que cela se concrétise dans les faits.

     

    On apprend en effet du Premier Ministre que si des avancées seront actées, l’essentiel du plan « Ma Santé 2022 » reste d’actualité.

     

    Ce plan avait pourtant été largement contesté en particulier par l’Onsil, simplement parce que les infirmières en étaient les grandes oubliées…

     

    Alors que l’ensemble du personnel soignant extra et intra hospitaliers demande une réforme de fond du système de santé et du fonctionnement de l’hôpital, Edouard Philipe affirme qu’il n’est pas « sûr que les règles (de la gouvernance hospitalière) aient posé, pendant la crise, de réelles difficultés ». Le Pouvoir n’a donc rien entendu et reste dans le déni. Lui pense qu’il faut simplement modifier le management…

     

    Ce qui est surtout mis en avant et en devanture, ce sont les revalorisations salariales, les évolutions de carrière et le rehaussement de l’Objectif national de dépenses d’Assurance maladie (Ondam) ainsi que la levée des contraintes notamment sur le temps de travail – on va voir ce qu’en disent les personnels et leurs syndicats. Mais la réforme de fond et structurelle risque de faire défaut et de décevoir soignants et agents. Et gageons que la déception risque d’être à la hauteur des attentes.

     

    Quant à nous, il nous est promis une organisation territoriale de la santé. On va donc avoir droit à une promotion et une accélération des CPTS* avec, on n’en doute pas, une pression sur les soignants réfractaires qu’on marginalisera. Leur déploiement sur tout le territoire national devra s’être effectif d’ici un an. ´

     

    La place des idels risque d’être encore très sous estimée dans une organisation qui sera loin de remettre en question le médico-centrage et où les compétences infirmières en matière de santé publique relevant de leur rôle propre sera certainement passé sous silence.

     

    Il faudra que soignants des hôpitaux et des villes se fassent entendre ensemble et que les infirmières affichent leurs propres revendications et leur identité forte.

     

    * Les Communautés professionnelles territoriales de santé

     

    Source : Hospimedia

    Leave a reply →