• 22 MAI 20
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    L’enquête de l’Ordre dévoile un désir fort d’émancipation. Jusqu’à quel point ?

    L’enquête de l’Ordre dévoile un désir fort d’émancipation. Jusqu’à quel point ?

    L’Ordre publie les résultats de sa deuxième  enquête réalisée pendant la crise sanitaire… et parle enfin d’un élargissement de nos compétences et de notre autonomie. C’est bien mais ce n’est pas suffisant.

    Son enquête montre que 2/3 des 70 000 infirmiers interrogés sont d’accord pour prescrire les tests de dépistage. L’Ordre estime ainsi que le renfort en idels dans la campagne de dépistage « pourrait considérablement changer la donne » dans la réussite du dé confinement. On est d’accord. Mais il n’a pas été entendu puisque la proposition d’amendement, à ce sujet,  a été rejetée par le Ministre lors du vote sur la prolongation de l’état d’urgence les idels demeurent invisibles dans le dispositif piloté par l’Assurance maladie. Nous attendons maintenant de l’Ordre qu’il  se montre un peu plus tenace et impose les revendications de tous les infirmiers !

    Il doit maintenant aller plus loin pour imposer les missions de santé publique des infirmiers comme constantes et incontournables

    Autre mesure retenue pas les sondés : plus de télésoin et plus d’autonomie sur celui-ci avec sa promotion auprès du public et la prescription infirmière pour le pratiquer. On mettra un bémol : qu’il soit aussi encadré pour ne pas se substituer abusivement a la surveillance clinique en présentiel. Rien ne remplace en effet la relation directe au patient, tout comme l’évaluation de son environnement qui, pour le coup, échappe au soignant dans le télésoin qui ne peut s’appuyer que sur les affirmations du patient.

    Par ailleurs, 86 % des infirmiers demandent la reconnaissance des enfants de soignants décédés comme pupilles de la Nation. Cette proposition de l’Ordre est légitime et n’appelle qu’un soutien indiscutable.

    Ce qui ressort aussi de cette enquête et qui en est à notre avis l’élément essentiel, c’est la nécessité d’élargir le rôle infirmier quand les idels constatent qu’ils restent quasiment les seuls à se déplacer au domicile, ce qu’a d’ailleurs fait ressortir la crise sanitaire.

    L’Ordre reprend donc ce désir fort d’élargissement des compétences. Nous l’invitons alors à s’appuyer sur celles déjà acquises par notre formation : le rôle propre qui constitue notre identité professionnelle. Et d’enfin franchir le pas en osant demander clairement la prescription infirmière en accès direct, véritable émancipation et reconnaissance de la réalité de notre quotidien non reconnu et non rémunéré et… toujours prescrit en libéral.

    L’Onsil porte encore et toujours cette revendication qu’on nous refuse ou qu’on feint d’ignorer, puisqu’elle nous ferait passer du statut de simples exécutants à une reconnaissance pleine et entière de véritables praticiens de santé. Le contexte y est favorable et il va bien falloir se faire entendre…

    Source : hospimedia

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