• 05 MAI 20
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    Tests Covid et brigades départementales : avec ou sans nous ?

    Tests Covid et brigades départementales : avec ou sans nous ?

    Quelle sera la place des idels dans le dispositif annoncé par le Premier Ministre devant la représentation nationale ?

    700 000 tests Covid19 sont prévus avec l’aide de brigades départementales.

    Dans son discours, Edouard Philippe dit vouloir s’appuyer sur les médecins et infirmiers libéraux.

    On sait déjà que tout va partir du généraliste. Celui-ci devra enregistrer les patients suspectés d’être positifs dans une base de données (amelipro ?) accessible à l’assurance Maladie et aux laboratoires. Le médecin commencera à recenser les cas contacts auprès des patients.

    Forte de ces informations, la brigade départementale prendra contact dans les 48h avec le patient pour approfondir l’enquête à la recherche des cas contacts, les informer sur les mesures de confinement à prendre, et les aiguiller vers un laboratoire pour se faire tester.

    Ensuite, ce sont les services préfectoraux et les Ars qui seront chargés de l’organisation de l’isolement des patients positifs (domicile si la personne vit seule ou si les locaux permettent un confinement isolé, réquisitions d’hôtels…).

    A l’heure actuelle, on sait que ces équipes seront composées de personnels médical et non médical de l’assurance maladie. Le Premier Ministre parle aussi « des personnels des CCAS (Centre communal d’action sociale), des mairies, parfois peut-être des personnels des départements, parfois des personnels mis a disposition par les grandes associations – je pense par exemple à la Croix rouge ». Elles devraient avoir un effectif de 60 à 90 agents selon les départements concernées.

    Ce personnel sera formé (par qui ?) d’ici au 11 mai, date du déconfinement progressif.

    On s’inquiète d’ores et déjà de la création du fichier des patients et de ses contacts : comment sera-t-il protégé légalement, qui y aura réellement accès, quid du secret médical quand du personnel autre que soignant sera habilité à le consulter ? Les interrogations sont nombreuses et légitimes. Déjà, la constitution d’un fichier de malades peur poser un problème éthique.

    On sait aussi que les médecins seront rémunérés 55€ pour cet acte, avec 2€ de plus pour chaque cas contact saisi avec les informations de base, et 4€ avec des renseignements plus poussés.

    Où est la place des idels là-dedans ?

    Pourtant annoncés comme piliers de ces équipes avec les généralistes, aucune mention dans les premières communications.

    Si les médecins sont d’ores et déjà au courant et bien à l’avance, de leurs missions et de leurs rémunérations, comme d’habitude, nous n’avons aucune information sur les nôtres.

    Va-t-on ne nous faire intervenir que pour réaliser des tests ? La cotation devra alors être assortie au moins d’une Mci et on devra nous équiper de kits complets de protections.

    Sera-t-on enfin sollicités pour ce que nous savons le mieux faire : prévention, éducation, conseils, surveillance… Ce serait une occasion inespérée de montrer que la consultation infirmière est une réalité pour laquelle on peut être autonomes et … rémunérés.

    Mais on peut craindre aussi d’être noyés dans des équipes disparates et non homogènes avec des rémunérations de misère comme on en connaît actuellement pour les surveillances covid.

    L’Onsil prend les devant et interpelle le Ministre de la Santé à ce sujet.

     

    Sources : leparisien.fr, ladepeche.fr, legeneraliste.fr

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