• 23 AVR 20
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    L’Ordre infirmier émet des recommandations pour le déconfinement, l’Onsil attend davantage.

    L’Ordre infirmier émet des recommandations pour le déconfinement, l’Onsil attend davantage.

    L’instance, qu’on a peu entendue pendant cette période de crise, et qui n’est en tout cas pas montée au créneau avec force et vigueur pour se faire entendre notamment sur la question de la scandaleuse pénurie de protections, commence peut-être à comprendre qu’il faut non seulement défendre la profession mais aussi la promouvoir à travers de nouvelles missions. 

    Elle préconise la prescription et la réalisation autonomes de tests covid dès lors que l’ide constate des symptômes. 

    Nous allons  donc suggérer à l’Ordre d’aller plus loin et de se joindre à l’Onsil dans sa revendication de la consultation infirmière de premier recours avec accès direct. Si celle-ci était déjà en place, le parcours des patients covid s’en trouverait simplifié,  sous  condition bien sur, de fournir les équipements   de protection complets adéquats  et nous en sommes loin.

    L’Ordre motive sa proposition afin d’éviter au patient symptomatique de se rendre chez son médecin puis au laboratoire. Puisse-t-il être entendu et surtout pérenniser un tel parcours dans l’avenir pour d’autres situations, et enfin être à nos côtés dans la véritable promotion et valorisation du rôle propre que nous voulons émanciper de la prescription.

    Concernant le maillage des territoires, nous sommes ravis de lire ce que nous répétons à l’envie quand nous parlons de la place prépondérante des infirmiers libéraux  sur l’ensemble du territoire. Mais il semble que les autorités aient du mal à s’appuyer sur notre réseau et sur notre expertise : dans notre système de santé très hiérarchisé et médico-centré à outrance, nous sommes encore cantonnés à l’exécution du soin prescrit, alors que notre rôle propre est vaste et pourrait s’avérer primordial en dépistage, prévention, éducation, surveillance etc. Et donc source d’économies qui seraient basées sur la qualité dans le cadre d’une politique de santé à long terme, loin de mesures purement comptables et coercitives. C’est le résultat de la frilosité des organisations qui négocient avec l’assurance maladie et les pouvoirs publics. L’Ordre est aussi responsable de cette timidité et il doit se reprendre au regard du rôle que nous jouons dans la crise actuelle. Rôle qui est reconnu et salué, mais qu’en sera-t-il demain ?

    Il demande également que le télésoin soit poursuivi pour les surveillances Covid sans prescription médicale. À l’heure où le Directeur de la CNAM* émet des réserves sur la poursuite de certaines dérogations après la pandémie, l’Onsil, elle, demande au contraire que le télésoin soit inscrit à la nomenclature comme un des outils du rôle propre dans le cadre de la consultation infirmière autonome.

    Il est aussi question d’équipes infirmières intervenants dans des hôtels dédiés aux patients positifs et l’Ordre propose l’intervention d’idels qui se relaieraient toutes les 8 heures. On laissera l’organisation aux idels eux-mêmes. Nous avons l’habitude de la gestion de tournées et nous n’avons pas attendus l’intervention ordinale pour cela.

    On attend plutôt de l’Ordre qu’il porte encore plus haut ces revendications par une campagne de communication et de lobbying puissante, qu’il se fasse vraiment entendre, et qu’il poursuive dans ce sens et encore plus loin dans l’avenir : on n’a en effet vraiment pas l’habitude de le voir dans une posture revendicative tant il nous avait habitué à la réserve. Et à des fins de non recevoir. Nos cotisations valent bien une action d’envergure pour profiter  de la prise de conscience unanime du rôle infirmier.

     

     

    *Caisse Nationale d’Assurance Maladie

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