• 06 AVR 20
    • 0
    la Fni s’oppose aux centres Covid pour les patients

    la Fni s’oppose aux centres Covid pour les patients

    Partout sur le territoire, des centres covid-19 s’implantent. Ils sont destinés à recevoir des patients symptomatiques. Ils sont basés sur le volontariat des professionnels de santé, médecins, infirmiers libéraux mais aussi membres de la réserve sanitaire et de la médecine du travail. Ils peuvent également s’appuyer sur des psychologues mais aussi sur les collectivités locales pour la mise à disposition de locaux. Les patients y sont adressés par les médecins de ville, les centres de régulation, le Samu ou les plateformes d’appui. Ils sont reçus uniquement sur rdv donné par le centre Covid.

    Des règles rigoureuses de protection sont appliqués conformément aux recommandations de la DGS. Une infirmière les reçoit et après avoir renseigné un questionnaire, ils sont auscultés par un médecin qui organise la prise en charge (retour à domicile avec surveillance présentielle ou télésuivi ou hospitalisation si nécessaire). Ils peuvent également être testés.

    On constate, alors, que l’angoisse du patient symptomatique est atténuée avec cette prise en charge.

    Bien entendu les patients asymptomatiques doivent continuer, eux, à se rendre chez leur médecin traitant et ne pas se négliger.

    Ce dispositif semble indispensable et implique différents acteurs ainsi qu’un travail d’équipe sous la houlette des Ars. Un désengorgement des urgences et des cabinets libéraux est ainsi possible.

    Mais dans ses prises de position toujours « politiques » quand quelque chose qu’elle n’a pas imaginé lui échappe, la Fni voit rouge.

    Soucieuse et c’est légitime, d’éviter la propagation du virus, elle propose de « vider » ces centres de leurs patients et de les reconvertir en centres de « stockage, de distribution et de soutien aux professionnels de santé intervenant à domicile ». Autant demander leur fermeture : qu’y aura-t-il à stocker puisqu’il y a pénurie de matériel partout sur le territoire national ?

    Et la FNI d’insister en exigeant que les centres ne doivent pas « être un lieu de remplacement des cabinets médicaux ».

    Mais justement, ils sont là pour éviter d’affluer dans les cabinets puisque depuis le début de la crise, consigne est donnée aux patients symptomatiques de ne surtout pas s’y rendre…

    « Les infirmiers n’ont pas vocation à être utilisés comme secrétaires médicaux en appui des médecins. Leur utilité est sur le terrain, au plus près des patients, avec les protections nécessaires pour effectuer les soins » poursuit le syndicat.  Ah oui ?  Et où sont ces protections ?

    Quant à nous envoyer sur le « terrain, au plus près des patients » et justement sans protection, on avait bien compris que la Fni n’avait pas vraiment appréhendé la situation en négociant ce qu’elle appelle une « valorisation » du rôle infirmier à 9€ net.

    Contrariée du silence du Ministère à ses questions, déçue de ne pas voir le télésoin plus promu alors que lui aussi est sous valorisé (à peine 5€ nets…), la frustration la gagne et rien ne va plus : elle demande des recommandations nationales opposables pour ces centres où pourtant un exercice coordonné peut être prometteur pour l’après crise. On peut imaginer que l’expérience pourrait en effet conduire aux dispensaires de demain, impliquant l’intervention du secteur libéral.

    Les prises de positions politiciennes de la Fni sont particulièrement malvenues en cette période. Après la gestion calamiteuse de la réforme des retraites, et celle du BSI et de l’avenant 6, on se demande vraiment où veut nous conduire cette organisation qui ne roule en définitive que pour elle et sa petite notoriété. Quand celle-ci est mise à mal, elle n’a qu’une direction à laquelle elle ne déroge pas : le mur, ou l’impasse, c’est au choix mais c’est pareil.

     

    Antoinette Tranchida

    Présidente.

     

     

     

     

     

    Leave a reply →