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    Communiqué de presse – Cnam : la méconnaissance du rôle des infirmiers libéraux  dans la gestion de l’épidémie de covid19 à son paroxysme

    Communiqué de presse – Cnam : la méconnaissance du rôle des infirmiers libéraux dans la gestion de l’épidémie de covid19 à son paroxysme

    Toulouse, le 4 avril 2020

    Historique !

     

    La Caisse Nationale d’Assurance Maladie (CNAM), s’adresse aux infirmières libérales de France qui tentent tant bien que mal d’exercer leur métier avec le peu de matériel dont elles disposent, et malgré les promesses d’approvisionnement par ailleurs insuffisantes, et tout ça au péril de leur vie. 

     

    Avec son éternel sens de l’à-propos, elle « accède » aux demandes des 2 syndicats « représentatifs » Sniil et Fni, qui ont fini par sortir de leur torpeur et n’ont rien vu venir en négociant tout d’abord des miettes, un ami 5,8, comme à leur habitude, pour les surveillances covid : nous pourrons coter* finalement et après un mois de situation aiguë, une MCI (majoration de coordination infirmière) ; encore une avancée certaine pour la profession diront-ils ? Et c’est bien parce que c’est nous : « au regard de l’investissement de la profession… ». Ainsi, la CNAM semble le découvrir, comme si elle en doutait ! Quel aveu de la méconnaissance totale des infirmières libérales (idels) et de leurs missions. Même les 2 syndicats ne sont parvenus ni à l’éclairer, ni à la convaincre sur notre « investissement » quotidien alors qu’ils LA côtoient depuis si longtemps déjà ! On veut bien prendre le relais et s’en charger, il est temps…

     

    On pourrait se poser la question d’un déni, voire d’un dénigrement de la profession par les syndicats « représentatifs », pouvant aller jusqu’à nous soupçonner, nous infirmiers, d’adopter une attitude générant une psychose.

     

    La MCI va-t-elle couvrir les risques encourus, au vu de nos compétences, de l’organisation et la concentration incroyables qu’exigent ces prises en charge ? Qui plus est avec si peu de matériel ? Nous sommes contraints à faire des appels aux dons auprès d’entreprises privées, heureusement généreuses. Nous arrivons à un point que leur distribution, se fait sur des parkings ou dans des locaux dédiés. Demander une reconnaissance financière de notre investissement ne va aucunement à l’encontre de la déontologie. Nous avons droit nous aussi à une vraie reconnaissance financière sans heurter les consciences il nous semble.

     

    Bref, c’est un chemin de croix. Par ailleurs, la MCI va -t-elle compenser les coûts engendrés par cette crise ?

    Alors c’est sûr, certaines d’entre nous iront parce qu’il y a l’éthique, l’altruisme, la conscience et tout ce qui fait notre profession. On comprendra aussi celles qui refuseront de le faire dans de telles conditions.

     

    Aussi, par pitié, que cessent ces discours bourrés de condescendance. En temps normal, c’est déjà difficilement supportable, mais en ces temps de tension extrême c’est extrêmement déplacé et la profession n’en peut plus d’entendre ça.

     

    C’est l’envolée lyrique et patriotique de la CNAM qui interroge, à moins que ce communiqué ne soit qu’un brouillon publié par erreur – parce que ça ne vaut pas plus. « C’est l’engagement de chaque infirmière et infirmier libéral dans cette crise sanitaire qui démontrera toute la plus-value du secteur libéral dans l’organisation sanitaire du Pays ». Comme si nous avions encore quelque chose à prouver. Ces paroles sont inaudibles pour les idels qui œuvrent chaque jour, à domicile, seules, pour contenir l’épidémie, ne l’oublions pas. Et croisant quelques auxiliaires de vie courageuses. En effet les médecins, aides à domicile et kinésithérapeutes ne se déplacent plus.

     

    On lit et on entend partout que cette crise va forcément produire une introspection collective et un recentrage des valeurs. Que ceux-là se taisent, entendus la Cnam et les syndicats dits « représentatifs » mais sans vision, qui produisent si peu et de ce fait, participent à la destruction de notre exercice au lieu d’en être le rempart. Pendant ce temps-là, NOUS, idels de terrain, courrons après masques et matériel de protection. Alors, pour une fois, réfléchissons ENSEMBLE, à bon escient. Mais c’est au-dessus de leurs forces… Visiblement.

     

    Antoinette Tranchida,  

    Présidente.

     

     

    * MCI applicables sur les surveillances covid ami5,8.

    Prélèvements sanguins et naso-pharyngés : ami4,2.

    Acte prélèvement cumulé à acte de surveillance COVID : 5,8 + 1,5 + MCI

    Date d’application : 6 avril 2020 

     Contact presse : A Tranchida : 06 07 08 01 19

     

     

    Téléchargez le Communiqué de presse en Pdf ici : Comm de presse 04 04 2020 Cnam la méconnaissance du rôle des infirmiers libéraux

     

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