• 30 MAR 20
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    L’impensable et impudique revirement d’un syndicat !

    L’impensable et impudique revirement d’un syndicat !

    Voici ce qu’on peut lire depuis le 27 mars 2020 sur la page Facebook d’un syndicat « représentatif ».

     

    Avec le flegme et le détachement qui le caractérisent, il annonce de façon lapidaire : « Après les premiers retours d’expérience en provenance notamment du Grand Est, il apparaît que la rémunération prévue pour les prises en charge des patients Covid 19 à domicile est très largement insuffisante (…). Il s’agit, en effet, de mieux prendre en compte le temps total d’intervention des infirmières et infirmiers libéraux auprès de ces patients : habillage, déshabillage, coordination, gestion des familles, traçabilité, gestion des déchets, gestion des appels vers le 15 en cas d’aggravation… ».

     

    Alors décryptons :

     

    1/ ce sont les syndicats « représentatifs » qui ont négocié les cotations ami5,8 pour la surveillance en présentiel, et ami3,2 pour le télésoin. De quoi se plaint alors celui-ci ? De deux choses l’une : ou bien il n’a pas compris ce qui allait déferler sur notre pays et il n’a pas mesuré l’impact sur les idels, ou bien il est totalement incompétent et inconséquent à demander une hausse des cotations au cœur de la crise. Ne pas avoir anticipé la rémunération minable à 9€ nets que nous dénonçons depuis sa parution, c’est carrément ne pas être en phase avec la réalité du terrain. Mais ça, ce n’est pas nouveau.

     

    2/ sa motivation repose sur le temps passé entre notamment l’habillage et le déshabillage. Non mais, dans quel monde vit ce syndicat ? Nous n’avons strictement rien pour nous protéger ! Ce n’est pas vraiment ça qui occupe notre temps !

     

    3/ demander une hausse de la rémunération sans parler à aucun moment du risque pris par les professionnels, ceci est carrément d’une impudeur totale à l’égard de celles et ceux qui risquent à la fois leur santé et celles de leurs autres patients. Et c’est bien le point qui choque dans ce communiqué.

     

    Car oui, il s’agit d’impudeur. Comment en effet étaler de cette façon son irresponsabilité à la face des idels de terrain qu’on sollicite sans les protéger pour une rémunération de misère ? Aucune reconnaissance de ce syndicat qui a négocié une cotation dont il s’aperçoit maintenant, en plein marasme, qu’elle est « très largement insuffisante » ! Quelle ignominie : il y a de quoi être très en colère. Et nous le sommes.

     

    Il a fallu nous dit-il, qu’il y ait des retours de collègues qui sont allés au casse-pipe dans le Grand-Est pour se rendre compte de son erreur. Et vous appelez ça « représentatif » et responsable ? Pas nous ! Nous nous chargerons, après les difficultés, de lui ouvrir les yeux.

     

    L’Onsil, dès le 13 mars (1) a mesuré ce qui attendait les idels de France et a publié ses propositions, d’abord en matière de protection, puis en matière de rémunération. On nous a alors taxés d’opportunistes et de vénaux. Les syndicats signataires des accords avec la Cnam (2) auraient dû, dans cette situation de crise sanitaire, avoir la sagesse de prendre l’attache de l’ensemble des organisations professionnelles avant d’accepter, sans rien négocier comme d’habitude, des cotations de misère. Mais, encore une fois, la réalité de la profession leur échappe : ils font le dos rond et ils signent.

     

    Ce syndicat nous dit avoir fait des propositions à la Cnam : pourquoi ne les livre-t-il pas clairement ? Le temps n’est pas vraiment aux secrets et la profession a droit à la transparence. Les propositions de l’Onsil restent d’actualité et nous demandons instamment à ce syndicat de les transmettre en haut lieu : elles portent la reconnaissance des idels tant dans les exigences de sécurité que de rémunération adaptée.

     

    Au sortir de la crise, chacun devra s’expliquer sur sa gestion et ceux qui sont en responsabilité et le clament à qui veut l’entendre, devront rendre des compte aux professionnels qui, aujourd’hui, prennent des risques.

     

    Au fait : nous allions conclure sans vous dire, mais vous l’avez certainement déjà deviné, de quel syndicat il s’agit : encore et toujours l’inénarrable Sniil…

     

    (1) https://www.onsil.fr/blog/2020/03/13/communique-de-presse-covid-19-les-infirmieres-liberales-sont-pretes-a-soigner-mais-pas-dans-nimporte-quelles-conditions/

    (2) Caisse Nationale d’Assurance Maladie

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