• 02 MAR 20
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    Du nouveau pour les aides-soignantes

    Du nouveau pour les aides-soignantes

    Flanquée de Myriam El Khomri dont le rapport a fait couler beaucoup d’encre, l’ex Ministre des Solidarités de la Santé sera partie en annonçant de nouvelles mesures pour les AS.

    La mesure phare est la suppression du concours d’entrée aux instituts de formation. La sélection se fera par étude des dossiers et entretiens.

    Cette nouveauté a pour but de recruter plus massivement en contournant la voie du concours.

    Avec le nouveau référentiel des compétences qui devrait en principe être annoncé à la fin avril et le statut libéral des AS recommandé par Myriam El Khomri, le démantèlement du rôle propre infirmier est en marche. Et ça s’accélère.

    Ne plus faire de sélection à l’entrée de la formation et ainsi en baisser le niveau, allouer des compétences infirmières aux AS et un statut libéral rendant plus autonome, c’est brader l’encadrement et la responsabilité des infirmières. Le travail en collaboration avec ces professionnelles est source de qualité des soins qu’on n’entend pas se voir déposséder.

    Pour faire face à la pénurie de personnel et à la baisse des vocations, on nivèle par le bas au lieu de valoriser par des rémunérations décentes.

    Les rustines sans vision à long terme en dépouillant l’un pour habiller l’autre sont inacceptables.

    L’Onsil s’élève énergiquement contre la casse de notre rôle propre qu’il entend sauvegarder pour la sécurité des patients.

    Nous n’avons rien contre les aides-soignantes dont nous respectons à la fois la compétence et le professionnalisme. Cependant, le rôle propre infirmier est historiquement l’essence même de notre métier. Il a été théorisé il y a bien longtemps, dès 1955 par Virginia Henderson. Des lors, comment pourrait-on accepter qu’il soit remis en question et morcelé vers d’autres professions ?

    Aussi, afin qu’il soit totalement maîtrisé par les seuls infirmiers, l’Onsil demande notamment :

    • la consultation infirmière de premier recours en accès direct,
    • la prescription autonome sur l’ensemble du rôle propre,
    • l’annulation pure et simple du BSI qui n’est qu’un outil comptable au service des caisses, qui nie le rôle propre et qui rétrograde la rémunération des soins lourds, pénalisant ainsi les personnes agrées en difficulté,
    • le maintien de la DSI, véritable outil d’analyse et de diagnostics infirmiers, sans prescription médicale, revalorisée et dématérialisée pour être envoyée pour information au médecin traitant.

    Nos revendications vont à l’encontre des projets des Pouvoirs publics car nous pensons que la réappropriation forte du rôle propre permettra une prise en charge efficiente de la dépendance.

    Le BSI est déjà un échec : nombreux sont les Idels qui affirment sur les forums qu’elles refusent déjà les patients lourds de 90 ans, voire même tous les patients de cette tranche d’âge. Nous le savions et avions averti les tutelles de ce danger.

    Ce n’est pas en donnant un statut libéral aux AS en zones sous dotées en infirmières que l’on va régler le problème de la demande en soins.

    Bien au contraire : alors qu’on devrait rendre ces zones attractives pour favoriser l’installation d’Idels, installer une concurrence directe en soins relevant du rôle propre va non seulement dissuader de nouvelles installations, mais aussi fragiliser l’activité de celles déjà présentes.

    Nous nous opposons clairement au statut libéral des AS.

    Quand va-t-on enfin reconnaître le rôle prépondérant des infirmières où qu’elles exercent ?

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