• 14 FÉV 20
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    La psychiatrie en question

    La psychiatrie en question

    Nos condoléances

    L’Onsil présente ses condoléances à la famille de notre consœur assassinée par un patient dans un service de psychiatrie.

    Être infirmier.e s’avère être aujourd’hui dangereux, alors que notre mission est soigner et apporter soulagement, écoute et empathie.

    Cet événement tragique fait malheureusement écho à notre article ci-dessous sur la psychiatrie.

    Nous ne pouvons que soutenir les revendications des personnels de ces services qui réclament des embauches urgentes et, on le voit, vitales.

     

    La psychiatrie en question

    L’état de la psychiatrie dans notre pays est, disons le sans détour, honteux et il en dit long sur le rapport de notre système de santé à la maladie mentale. Il s’agit d’une régression lamentable et très dommageable pour les patients.

    Des représentants de la fédération santé FO* ont été reçus au Ministère des Solidarités et de la Santé par des représentants de la DGOS**. 

    Porteurs de constats et de revendications fortes, la réponse de l’Etat reste, comme d’habitude, désuète et sans ambition. 

    Côté constat, les représentants syndicaux pointent une lacune énorme en psychiatrie dans la formation de base en IFSI depuis l’instauration du tronc commun. Le Ministère leur parle alors de la formation des IPA*** en santé mentale, bien loin des préoccupations quotidiennes des personnels.

    Un recrutement urgent leur apporterait du souffle avec une revalorisation de leur rémunération. Mais force est de constater un détournement de l’intérêt des étudiants pour les formations paramédicales.

    La prise en charge ambulatoire est également prônée par le Ministère et c’est une voie bien insuffisante. Alors justement, parlons en.

    Les Idels sont disposés et enclins à y participer, dans la mesure du possible. Mais nous pointons aussi le manque de formation et aussi d’information auquel nous n’échappons pas. 

    Même si ce n’est pas la majorité des cas soulignons le, nous sommes appelés à intervenir chez des patients que l’on fait rentrer chez eux, souvent sans être informés ni de leur pathologie complexe, ni de leurs antécédents parfois violents, ni de leurs décompensations souvent récurrentes. 

    Quand les équipes mobiles des CMP**** se rendent à deux chez eux, nous sommes sollicités pour des interventions bien entendu à une personne, face à des situations de violences potentielles ou avérées (nous publierons bientôt un article sur les attitudes à avoir en cas de danger chez un patient).

    Nous ne pouvons pallier aux insuffisances de la psychiatrie dont les pouvoirs publics ne veulent pas entendre les revendications des personnels à bout de souffle. 

    Les patients pris en charge dans ce système défaillant sont les premiers concernés et la maladie mentale doit être concernée par la qualité des soins comme toutes les autres pathologies.

     

    *Force Ouvrière

    **direction générale de l’offre de soins

    ***infirmières en pratique avancée

    ****centres médico-psychologiques

     

     

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