• 06 FÉV 20
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    État psychologique en EHPAD. Jusqu’où ira le démantèlement de notre profession ? Nos anciens méritent -ils qu’on les néglige en leur restreignant l’accès à leurs soignants ?

    État psychologique en EHPAD. Jusqu’où ira le démantèlement de notre profession ? Nos anciens méritent -ils qu’on les néglige en leur restreignant l’accès à leurs soignants ?

    La Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) publie les résultats d’une enquête* sur l’état psychologique des personnes âgées en EHPAD.

     

    Si, en apparence, il apparaît évident que l’état mental des résidents est plus impacté qu’à domicile, il convient toutefois d’être prudent dans l’analyse.

     

    D’abord, l’admission en établissement est souvent une contrainte avec un impact psychologique. Ensuite, les tâches domestiques quotidiennes y sont réalisées par le personnel, privant ainsi les résidents de gestes quotidiens qu’ils réalisaient chez eux. On ne retient pas non plus dans cette étude, si les loisirs sont conservés après l’admission.

     

    Si la proportion des troubles du sommeil est équivalente à domicile et en institution, la prise d’antidépresseurs y est importante. Mais là encore, il existe une limite à l’analyse car on peut penser que la prise en charge des troubles psychologiques est plus efficace en établissement.

     

    On le voit, les statistiques ont toujours leurs limites. Mais quand on connaît les conditions d’hébergement dans certains EHPAD, les conditions de travail et les effectifs des personnels et donc la qualité des prestations dans une logique de rentabilité, gageons que le maintien à domicile reste l’alternative la moins traumatisante sur le plan mental. Si et seulement si, les politiques des Pouvoirs publics vont dans ce sens…

     

    Force est en effet de constater que le domicile sied mieux aux personnes âgées même lorsqu’elles sont très dépendantes.

     

    Les dispositifs permettant d’améliorer le maintien à domicile sont nombreux et les infirmiers y sont bien pour quelque chose ! Nous assurons la coordination des soins et des intervenants, mettant en place tout ce qu’il faut pour un maintien optimal. Nous participons pour certains, aux réunions de coordinations de nos CCAS ou maisons de santé ou au sein de notre propre cabinet.

     

    Pourtant, l’avenir nous promet tout le contraire de ce que les personnes âgées souhaitent. En effet, la rémunération des infirmiers baisse avec l’arrivée du paiement au forfait.

    Les cotisations retraites, si la réforme passe, vont finir de nous asphyxier.

    On envisage de créer des ehpad à domicile sans nous y associer de près ou de loin. La dépendance et le maintien à domicile sont également envisagés sans les soignants.

     

    Dans le rapport El KHOMRI, l’expérimentation des aides-soignantes libérales est envisagée, avec la bénédiction de l’ordre infirmier et des syndicats signataires dont la prise en charge globale n’est pas leur préoccupation majeure.

     

    En effet, le transfert de compétences a commencé vers les aides soignantes, les pharmaciens, sans que personne ne relève les contradictions de telles actions.

     

    L’infirmier n’est-il pas le mieux placé pour coordonner et exécuter les soins à domicile ? Les restreindre, c’est en quelque sorte interdire aux personnes âgées dépendantes de rester chez eux et d’avoir accès à des soins de qualité. C’est aussi leur interdire la relation soignant soigné et l’épanouissement, le bien être qu’apportent les infirmiers à leur patient. Mais là encore, c’est loin d’être une préoccupation des décideurs…

     

    Alors, jusqu’où ira le démantèlement de notre profession ? Nos anciens méritent -ils qu’on les néglige en leur restreignant l’accès à leurs soignants ?

     

    Méditons ensemble sur le système de santé que nous voulons demain pour nos anciens, mais aussi pour nos parents et plus tard pour nous…

     

    L’Onsil se bat contre toutes ces restrictions d’accès aux soins pour les infirmiers, mais aussi pour les patients qui chaque jour perdent un peu plus leur droit à être soigner dignement.

     

    Le contexte des dernières mesures concernant les Idels laissent présager un contexte difficile et c’est inquiétant pour la prise en charge de la dépendance, dont la future loi traîne à être présentée.

     

    * enquêtes Capacités, aides et ressources des séniors (Care) institutions de 2015 et 2016.

     

    Source : hospimedia

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