• 19 JAN 20
    • 0
    Lettre ouverte aux infirmières libérales de France !

    Lettre ouverte aux infirmières libérales de France !

    Aujourd’hui, l’exercice des infirmières libérales est attaqué de toutes parts.

     

    La vaccination contre la grippe a été élargie aux pharmaciens à grands coups de publicité dans les médias. Sa promotion à leur égard continue sans jamais aucune référence aux infirmiers libéraux.

    On leur confie, tout comme aux aides-soignantes et aux aides à domicile, des actes qui relèvent directement de nos compétences.

    Notre rôle propre d’infirmière libérale est gravement menacé et le glissement de taches s’opère sans que la profession réagisse avec fermeté.

    Depuis le 1er janvier dernier, le BSI (Bilan de Soins Infirmiers) s’applique pour les personnes dépendantes de plus de 90 ans. Nous sommes la seule profession de santé à avoir accepté la saisie en ligne d’éléments permettant le calcul de nos rémunérations par un algorithme inhumain. Celui-ci met à mal notre expertise en matière d’analyse et notre capacité à évaluer une situation. Notre rôle propre est totalement renié.

    Les forfaits de soin, insécables, représentent un casse-tête juridique inédit. Il n’y a pas de contrat de partages d’honoraires agréé par l’Ordre. Ces nouveaux rapports financiers imposés par l’avenant, vont générer des situations compliquées entre collègues. Il est à craindre des liens de subordination.

    Le montant des forfaits lourds est inférieur à ce qui est actuellement prévu avec les AIS avec 4 passages par jour. Déjà certaines consœurs envisagent de réduire leurs visites chez les patients concernés. D’autres choisiront les prises en charge les plus rentables, ou légères. Nous savons toutes et tous que ce n’est pas de cette façon que nous voulons exercer. Malheureusement, les pouvoirs publics nous poussent à cela. L’assurance maladie pense surtout à générer des économies sur le dos des patients les plus lourds et les plus fragiles.

    Le BSI est également une disposition pleine d’ambiguïtés juridiques. Le nombre limité de passages quotidiens est déjà source d’interprétation. Les Cpam ne répondent jamais de façon certaine. Le doute plane sur chaque échange avec elles quand nous arrivons à les contacter. Cela n’augure rien de bon dans les demandes d’indus qui ne manqueront pas de suivre, c’est évident.

    La limitation des indemnités horokilométriques qui font l’objet d’un seuil au-delà duquel nous serons moins ou pas remboursés, concernera beaucoup de professionnels qui exercent à la campagne et en montagne. Les patients éloignés risquent d’en pâtir et c’est dommageable. Celles qui pensent échapper à cela doivent avoir en tête que, dans l’avenir, le seuil pourra encore être revu à la baisse dans un contexte d’économies perpétuelles. Nous serons alors tous concernés, infirmières de montagne et de plaine. Aujourd’hui 300 km / jour, mais demain ?

     

    Enfin, la réforme des retraites prévoit le passage des cotisations de 14 à 28 %. Cela va déstabiliser l’équilibre financier de beaucoup d’entre nous, Certains vont très certainement devoir cesser leur activité. Après les déserts médicaux, voici les déserts infirmiers.

    Cette situation a de quoi décourager, mais le pire serait d’être fataliste.
    Notre profession a tendance à tout accepter. Pourtant, les mobilisations récentes tant devant les Cpam que dans la rue, pour défendre notre retraite, et les réactions épidermiques sur les différents réseaux sociaux font espérer un sursaut légitime.

    L’Onsil ne peut que vous inciter à rejoindre ces mouvements et participer à toutes les actions que nous proposons. Nous ne pouvons pas nous laisser attaquer ainsi plus longtemps. Exigeons la consultation infirmière autonome, en accès direct, c’est-à-dire sans prescription médicale, seul outil pour sauver le rôle propre qui reste l’identité forte de notre profession… mais pour combien de temps ?

     

    Mon métier, je l’aime, je le défends !
    Adhérez, pour aller de l’avant sans compromis.

     

    Antoinette TRANCHIDA
    Présidente Onsil
    06.07.08.01.19

    Leave a reply →