• 05 DÉC 19
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    AVENANT 6, LE COMBAT CONTINUE :

    AVENANT 6, LE COMBAT CONTINUE :

    L’avenant, une prise de tête.

    Au sortir d’une formation sur le BSI, on ne peut pas dire qu’on soit touché par la grâce ; loin de là !

    Une telle complexité laisse perplexe et amer. On critiquait la DSI, certes perfectible et imparfaite, mais on aurait dû partir de cet outil et l’améliorer, en particulier en la dématérialisant, en supprimant la signature du prescripteur et en rendant la prescription plus simple comme l’est celle du BSI – c’était donc possible, et en la validant pour une année.

    La DSI était en effet une première avancée vers la consultation infirmière car elle nous accordait l’analyse intellectuelle et « savante » dans le sens scientifique du terme, grâce aux diagnostics infirmiers. Elle nous permettait de cerner le patient dans son ensemble et de le placer au centre du dispositif de soins. Mais il aurait fallu que la profession s’en empare et la remplisse sans la considérer comme une simple demande d’accord préalable.

    Seulement voilà. Les Caisses veulent depuis longtemps tracer le contenu des séances de soins infirmiers qu’elles jugent opaques. Alors les syndicats ont cédé et même devancé ces impératifs purement comptables en acceptant un BSI inique et pré formaté. Plus besoin de réfléchir : tout est prévu et nous n’avons qu’à cocher. Quelle avancée ! Et on nous fait presque croire qu’on va être gagnants sur le plan financier. Ne rêvons pas : un tel outil régressif ne peut pas avoir cette ambition. Les éléments pointant la pénibilité n’ont aucun impact sur la cotation. La reconnaissance ne passe encore une fois pas par là, à l’heure où nos collègues hospitaliers sont dans la rue pour aussi faire entendre et reconnaître cet aspect lourd de notre exercice quotidien. Par ailleurs, la stupeur des collègues à cette formation quand on leur annonce que cette nouveauté n’est pas pérenne. Non seulement son déploiement se fait par étapes mais attention : si la dépense est trop forte, on risque de ne plus en « bénéficier ». Car bien entendu des évaluations… financières sont prévues et planifiées.

    Et que dire des prises en charge lourdes ? Déjà notre nomenclature inadaptée est dissuasive : actes gratuits au-delà du 2ème, actes techniques compris dans les AIS, actes non remboursables, etc. car la liste est malheureusement longue. Faites déjà des simulations sur vos patients lourds avec le BSI et vous constaterez vous mêmes.

    La cotation en BS sera versée sous forme de forfait journalier et nous devrons décider lors de la finalisation du BSI si le patient nécessite plusieurs passages par jour. A la charge des cabinets de se répartir comme bon leur semble le forfait versé, sous la forme d’une rétrocession émise par celle qui le percevra, et qui devra être contractualisée entre les associés. Encore une mesure qui rajoute de l’administratif quand déjà bon nombre d’IDELS ont du mal à signer des contrats entre elles, pourtant obligatoires et nécessaires.

    Le BSI n’est pas pour l’instant pas intégrable à nos logiciels et donc, après une connexion qu’on espère de qualité et sans couac sur le site amelipro, on doit revenir vers nos logiciels pour saisir la facturation. Les timides ou réfractaires à l’informatique apprécieront.

    Et que dire du plafonnement des indemnités kilométriques dont nous déjà avons largement parlé ? Nos collègues en zones montagne et rurale vont être impactées et des patients éloignés des cabinets risquent d’en pâtir. Et bizarrement, cette disposition est timidement et discrètement annoncée dans les publications syndicales ou des caisses, et totalement occultée de la formation où pourtant les principales mesures tarifaires ont été listées.

    Enfin, cet avenant 6 est d’une complexité totale tant dans sa rédaction que dans sa conception. Pour appliquer les cotations, il faudrait presque avoir fait maths sup et il faut être doué d’une concentration exemplaire pour suivre. La formatrice était parfois elle aussi un peu perdue et sceptique. Autrement dit : cet avenant est tordu et sort de l’esprit de gens tordus.

    On se demande vraiment où nous conduisent les 2 syndicats qui ont signé tout cela. Il aurait été bienvenu de simplifier notre exercice déjà tendu par des rémunérations qui stagnent, des demandes de soins auxquelles on ne peut pas répondre faute de cotations adaptées et une surcharge administrative. A la place on nous conduit vers une surcharge excessive d’informations et démarches inutiles et, disons le, perverses.

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