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    Pourquoi la Cnamts propose-t-elle aux syndicats de retarder de plus de six mois la signature d’un avenant qui reconnaîtrait les compétences des infirmiers libéraux ? L’Onsil écrit à Nicolas Revel.

    Pourquoi la Cnamts propose-t-elle aux syndicats de retarder de plus de six mois la signature d’un avenant qui reconnaîtrait les compétences des infirmiers libéraux ? L’Onsil écrit à Nicolas Revel.

    Monsieur Nicolas Revel

    Directeur général de la Cnamts

    50, avenue André Lemierre

    75986 Paris

    Toulouse, le 3 octobre 2017

    Monsieur le Directeur général,

    Vous proposez aux syndicats de retarder de plus de six mois la signature d’un avenant qui reconnaîtrait les compétences des infirmiers (en autres compétences la prise en charge des patients en ambulatoire).

    Vous préférez parler d’un « zonage infirmier » alors que celui-ci n’a aucun impact sur les économies que doit faire l’Assurance maladie. En effet, l’interdiction d’installation dans les zones sur dotées n’est toujours pas imposée aux médecins et de plus, il est même proposé d’abolir les relations humaines au profit de l’e-consultation dans les zones sous dotées.

    Je me permets de vous rappeler que le Projet de Loi de Financement de la Sécurité Sociale pour 2018 demande une accélération de l’inscription de nouveaux actes à la nomenclature.

    Pourriez-vous nous éclairer sur vos intentions et celles du gouvernement ? En effet, ce dernier inscrit une proposition de loi dans ce PLFSS que la CNAMTS ne respecte pas.

    Notre profession, il est vrai peu syndiquée, privilégie la prise en charge de ses patients aux revendications, mais la souffrance et l’indignation sont à leur comble et  la coupe menace de déborder rapidement.

    D’autre part, quel intérêt pourrait-il y avoir à retarder la mise en place de la prise en charge systématique des retours d’hospitalisation par les infirmiers de ville, qui ne peut que  permettre à l’Assurance maladie de générer d’importantes économies ?

    Vous n’êtes pas sans connaître la différence des tarifs et l’efficience d’une prise en charge par les infirmiers de ville, en comparaison du coût de l’hôpital, même sorti de ses murs.

    Confier l’ambulatoire aux structures HAD, c’est programmer la mort de l’exercice indépendant de la profession d’infirmier, et par conséquent la mort programmée de réelles économies sur le budget de la santé.

    Mais confier les sorties d’ambulatoire aux infirmiers de ville et leur donner tous les moyens d’intervenir, avec une nomenclature revue et adaptée aux nouvelles techniques, et qui ne laisse plus aucun soin à la charge des patients contribuant ainsi encore à aggraver une médecine à deux vitesses, voilà ce que propose l’Onsil.

    Au cours de nos rencontres, vous nous avez toujours affirmé qu’il n’en était rien, il est grand temps de le démontrer concrètement.

    L’Onsil n’est pas autour de la table des négociations et n’est donc pas dans l’obligation de ménager ce semblant de pacte « gagnant-gagnant », il faudra donc compter avec elle pour se joindre aux autres syndicats des professionnels de santé de ville pour sensibiliser, soutenir et mobiliser la population.

    Soyez persuadés, Monsieur le Directeur général, que l’Onsil a à cœur de fournir des propositions concrètes pour faire avancer l’exercice libéral de la profession d’infirmier, qui seront certes sources d’économies budgétaires mais aussi au service d’une prise en charge de qualité de la santé à domicile pour tous, 24h sur 24 et 7 jours sur 7.

    Dans l’attente de votre réponse, je vous prie d’agréer, Monsieur le Directeur général, l’expression de ma haute considération,

    Élisabeth Maylié, Présidente.

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