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    L’Onsil écrit au Premier Ministre la révolte et la souffrance de la profession qui se sent totalement bafouée par un plan santé jugé très « ambitieux » alors que les IDELs en sont les grands absents !

    L’Onsil écrit au Premier Ministre la révolte et la souffrance de la profession qui se sent totalement bafouée par un plan santé jugé très « ambitieux » alors que les IDELs en sont les grands absents !

    Monsieur le Premier Ministre

    Hôtel de Matignon

    57, rue de Varenne

    75700 Paris

    Toulouse, le 27 septembre 2018

    Monsieur le Premier ministre,

    Par ce courrier, c’est toute la révolte et la souffrance de notre profession que nous venons vous exprimer, qui se sent totalement bafouée lorsque vous jugez votre plan santé 2018/2022 très « ambitieux » alors que, pivot historique du maintien et du soin à domicile et de la santé publique, nous en sommes les grands absents !

    Nous, les infirmiers, tous modes d’exercices confondus, hospitaliers, salariés, libéraux, à l’hôpital, en cliniques, en Ehpad, Ssiad, maisons de santé ou au domicile des patients.

    Nous, les infirmiers, qui recueillions plus de 90 % d’opinions positives dans tous les sondages officiels de ces dernières années auprès de la population française; qui avons toujours été au premier front lors des grandes guerres et jamais failli depuis au plus près de la nation.

    Nous, les infirmiers, toujours plus techniques, formés, mais humains à la fois.

    Nous, les infirmiers, qui par les soins que nous prodiguons sans relâche ni horaires, accompagnons les millions de personnes que nous soignons et les aidons à traverser toutes ces douloureuses périodes de la vie, quand la maladie, la douleur et le deuil les frappent.

    Nous, les infirmiers libéraux des régions de métropole, des îles, des territoires français proches ou lointains, qui bravons tous les éléments, anticipons et priorisons les soins pour éviter toute rupture dans leur continuité.

    Nous, les infirmiers libéraux , qui gardons la tête haute fiers de notre métier, alors qu’un véritable démembrement de notre profession est en train de s’opérer sous nos yeux et dans le silence et l’indifférence totale de votre Gouvernement et de nos tutelles ; facteurs, pharmaciens, assistants médicaux, bientôt même robots et cabines numériques, nous nous sentons taillés en pièces et assommés par tant de dédain alors que nous sommes compétents, formés, disponibles, volontaires et soignons au mieux et au meilleur coût !

    Nous, les infirmiers libéraux, à bout de souffle, de force et pour certain au bord du suicide parfois, non pas parce que notre métier est difficile mais bien  parce que ses conditions d’exercice se sont détériorées effroyablement et nous mettent en péril ainsi que nos familles.

    Aussi, Monsieur le Premier ministre, ne nous faites pas l’injure de nous dire qu’après 20 ans d’exercice nous devons changer de métier et nous reconvertir en assistants médicaux ;

    Ne nous faites pas l’injure de nous dire qu’on ne peut pas être de vrais soignants toute notre vie ;

    Ne faites pas l’injure aux français de vouloir leur faire croire que notre disparition n’aura que des conséquences positives sur leur liberté de choix du praticien et le meilleur suivi efficient pour leurs soins, sur le niveau de santé publique en France ;

    Ne nous faites pas l’injure de nous dire que vous pensez sincèrement que les IPA sont la solution à tous les problèmes, ni que vous pouvez  distribuer aux facteurs, aux pharmaciens, aux aides-soignantes (ou à des cabines de télémédecine) nos compétences et nos rôles, alors qu’ils ont un domaine de compétences qui est le leur et bien défini.

    Faites-nous donc confiance !

    Remettez-nous au centre du parcours de soin que ce soit en ville ou en structure, appuyez-vous sur les propositions que nous sommes en mesure de faire pour pallier à la saturation des urgences ou des déserts médiaux en innovant et en reconnaissant la Consultation infirmière que nous demandons depuis des années ;

    Reconnaissez nos compétences en relevant effectivement nos études à bac +3 ;

    Laissez-nous  soigner les patients avec toutes les compétences techniques, intellectuelles et humaines nécessaires à l’exécution des soins dans les règles de notre art infirmier ;

    Libérez-nous des lourdeurs administratives que ce soit en ville ou à l’hôpital, en nous laissant faire des propositions concrètes ;

    Revalorisez-nous en nous laissant travailler mieux.

    Certains que vous entendrez l’appel de toute une profession en souffrance, mais également porteuse de projets, l’Onsil souhaiterait vous rencontrer, dans le cadre des travaux sur le projet de loi santé, afin de vous vous exposer les propositions des professionnels de santé dont nous sommes les porte-paroles.

    Dans cette attente, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Premier ministre, l’expression de notre très haute considération,

    L’Onsil.

     

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