ONSIL

Organisation Nationale des Syndicats d'Infirmiers Libéraux

 
 

ORDRE, SYNDICATS : Remplacement, collaboration ou association ?


La mise en œuvre de l'ordre des Infirmiers, par le vote de sa cotisation ces jours derniers, nous rappelle avec force le débat sur la coexistence de celui-ci avec les syndicats.
Pour nous aider dans notre clairvoyance, c'est aux textes fondateurs qu'il convient de faire appel, pour établir un socle commun d'acceptations.

Loi du 01 juillet 1884.
Les syndicats professionnels ont pour objet l'étude et la défense des intérêts professionnels.
Les syndicats se distinguent par une fonction revendicative et leur capacité à défendre les intérêts de ceux qui en sont membres, mais aussi les intérêts collectifs d'une profession.

Loi du 21 décembre 2006.
L'Ordre National des Infirmiers regroupe obligatoirement tous les infirmiers habilités à exercer leur profession en France. Il veille au maintien « des principes d'éthiques, de moralité, de probité et de compétence indispensables à l'exercice de la profession d'infirmier et à l'observation par tous ces membres, des devoirs professionnels. »

Si ces définitions semblent clairement s'imposer à tous, c'est de leur mise en action que naissent les interrogations. En effet, la frontière entre ces deux institutions apparaît comme bien ténues dés lors qu'elles seront confrontées aux réalités de notre profession.

Les Syndicats se doivent d'avoir une vision claire de la profession qu'ils défendent, par conséquent être sous-tendus par une vision politique des actions qu'ils entreprennent. Cependant, leur action est orientée et à destination des ses membres. C'est à dire non pas l'ensemble du corps constitué, mais seulement ses adhérents. Ceux qui se reconnaissent alors dans le projet et les revendications portées par leurs responsables, choisissent librement d'adhérer.
Prenons l'exemple de la convention signée entre les libéraux et les caisses d'assurance maladie. Les syndicats exercent ici pleinement leur fonction de négociation. Ils sont les partenaires exclusifs capables d'obtenir des mesures en faveur de notre mode d'exercice et de dénoncer d'éventuels manquements aux engagements pris. L'Ordre ne peut avoir ici qu'avis consultatif, se prononçant sur le respect des valeurs fondamentales de la profession. L'action syndicale se révèle primordiale dans ce type de dialogue.

L'Ordre, en revanche, n'est pas légitimé par ses membres. Il est imposé par le législateur. Il appuie sur sa représentativité sur le processus démocratique qui conduit à l'établissement des différents niveaux de responsabilités : les élus. Cependant, il ne peut rester dans une position dogmatique à l'égard de ses membres. Dès lors, on peut raisonnablement s'attendre à ce que sa perception de la profession conduise sa ligne politique.
L'Ordre justifie tout son intérêt dans sa capacité à aborder les problèmes de façon transversale. Réforme des IFSI, processus d'intégration au cursus LMD (Licence, Master, Doctorat), harmonisation des pratiques sont autant de sujets qui projettent la profession infirmière Française dans un espace d'échange Européen et International.

De fait, nous disposons désormais d'un nouveau lieu d'échange démocratique pour notre profession. Un lieu où tous les modes d'exercices, les différents métiers et sensibilités - à savoir tout ce qui fait la richesse de notre profession – se rencontre.

L'ensemble des Syndicats et notamment l'ONSIL sont des forces de revendication, de défense et de propositions nécessaire à la profession. Un syndicalisme fort est la garantie d'une forme de vitalité démocratique au sein de l'Ordre.

Si l'Ordre veille sur notre profession dans sa globalité ; les syndicats, par leur réactivité font émerger les débats.

Nous avons arraché la bienveillante attention sur notre profession à la sphère médicale, pour la confier à nos pairs. Gageons que nos élus à l'Ordre se montrent dignes de leurs responsabilités.

E Adain
Président Onsil Réunion.

 

Les textes :


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