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    ENGORGEMENT DES URGENCES, L’ONSIL DONNE LA SOLUTION À EMMANUEL MACRON

    A travers une « pré-consultation infirmière », notre profession a les compétences, les connaissances et l’expertise pour pouvoir apporter son concours aux services médicaux de l’urgence !

     

    Aussi, l’Onsil a décidé d’en appeler à Monsieur Emmanuel MACRON, Président de la République Française ! Voici la lettre adressée en ce mercredi 12 avril 2018.

     

                                                                                                              Monsieur le Président de la République

    Palais de L’Élysée

    55 Rue du Faubourg Saint-Honoré

    75008 Paris

    Toulouse, le 12 avril 2018

    Monsieur le Président,

    Dans l’actualité en cours, votre Gouvernement et l’Assemblé nationale légifèrent sur la transformation juridique du statut de cheminot. Alors que les discussions sur le nouveau pacte ferroviaire se poursuivent et que les cheminots maintiennent leur pression syndicale, les députés adoptent les amendements du projet de loi modifiant le statut de la SNCF, et le Gouvernement est autorisé par l’article 2 de ce même projet de loi, à légiférer par ordonnances dans un délai de douze mois, qui avait été initialement arrêté à six.

    Au-delà du débat de fond, sur lequel nous ne sommes pas légitimes à nous prononcer, la forme quant à elle de ces profondes transformations et la rapidité avec lesquelles elles sont mises en œuvre au nom de l’urgence, nous poussent à espérer que les propositions que nous avons à vous soumettre pourront, elles aussi, trouver un écho favorable et un aboutissement rapide tant elles sont en mesure de régler une situation elle aussi d’urgence en matière de soins de ville et de santé publique.

    Si votre Gouvernement évoque l’urgence de la nécessaire réforme ferroviaire, due à la dégradation de la qualité de service et à un coût trop élevé pour les finances publiques, de même nous souhaitons vous interpeler sur l’état dramatique dans lequel se trouvent les services d’Urgences dans notre pays, et dont l’actualité se fait également l’écho.

    Le constat est sans appel :

    • services d’urgences engorgés par la « bobologie »,
    • saturation des appels sur les plate-formes de coordination du SAMU, susceptibles d’envoyer une équipe de secours pour des urgences qui parfois auraient pu être évitées,
    • manque cruel de médecins généralistes de nuit mais également de jour dans de nombreux territoires où parfois, débordés, ils ne se déplacent plus au domicile.
    • lourdeur du coût budgétaire engendrée par ces constats.

     

    Aujourd’hui, par les mêmes moyens que vous déployez pour mener vos reformes, vous avez la possibilité d’améliorer très rapidement toutes ces difficultés, en vous appuyant sur l’existant, et en confiant à notre profession de nouvelles responsabilités déléguées de « pré-consultations infirmières″.

    Au-delà du rôle de coordination que souhaite développer le projet de décret sur la pratique avancée infirmière, notre profession à les compétences, les connaissances et l’expertise pour pouvoir apporter son concours aux services médicaux de l’urgence et les soulager, en apportant soin et professionnalisme aux patients inquiets des très longs délais d’attente, parfois dans de grandes souffrances.

    Nous sommes la seule profession de santé à être tenue à l’obligation de la continuité du soin. Nous sommes également, du fait des avenants que nous avons signés avec l’Assurance maladie, repartis sur l’ensemble du territoire y compris dans des zones rurales ou de montagnes, où peu de médecins généralistes acceptent de s’installer, participant ainsi à la désertification de ces territoires.

    Les infirmières de ville sont prêtes à prendre leurs responsabilités, et d’ailleurs elles le font tous les jours et depuis longtemps, et à apporter aux Médecins régulateurs du SAMU, aux Urgentistes de l’hôpital, leur concours, des éléments de bilan susceptibles d’éviter une hospitalisation inutile ou d’administrer, sous sa prescription, une médication adaptée.

    De même nous pourrions envisager d’utiliser nos cabinets pour, comme cela a été expérimenté il y a quelques années en région Toulousaine, servir de sas à un premier « tri″ des patients qui viennent consulter à l’hôpital pour de la « bobologie », et les orienter au mieux et au moindre coût en fonction de la gravité de leur état.

    Nous avons bien noté les déclarations récentes de Madame la Ministre des solidarités et de la santé, évoquant le fait que les personnes âgées ne devaient pas être forcément adressées aux urgences, ainsi que son constat de saturation de ces mêmes services.

    Aussi Monsieur le Président, l’Onsil souhaiterait  pouvoir vous proposer ce projet, vous faire part de nos propositions et des attentes de notre profession, ainsi qu’aux services de Madame la Ministre des solidarités et de la santé à laquelle nous adressons une copie de ce courrier.

    Dans cette attente, je vous prie d’agréer, Monsieur le Président de la République, l’expression de ma très haute considération,

    Élisabeth Maylié, Présidente.

     

    Copie : Madame Agnès Buzyn, Ministre de la santé et des solidarités.

     

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