• 17 OCT 17
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    COMMUNIQUE DE PRESSE  Déserts médicaux : le gouvernement a dévoilé son plan aujourd’hui

    COMMUNIQUE DE PRESSE Déserts médicaux : le gouvernement a dévoilé son plan aujourd’hui

    Monsieur Macron avait pris des engagements pendant la campagne pour lutter contre les déserts médicaux. Aujourd’hui, en déplacement en Haute-Vienne pour inaugurer une maison de santé, c’est son Premier ministre Édouard Philippe et sa ministre des Solidarités et de la Santé, Agnès Buzyn qui ont présenté le plan pour l’égal accès aux soins dans les territoires.

    Agnès Buzyn avait déjà déclaré avant hier devant l’Assemblée : J’ai placé la question de l’accès aux soins au rang de mes priorités.

     Mais alors que la pénurie de médecins est clairement identifiée, Édouard Philippe faisant fi des demandes répétées des associations de patients et d’usagers, continue à déclarer qu’il n’y aura pas de mesures coercitives pour l’installation des médecins généralistes, car dès lors qu’il y aurait coercition, les gens trouvent un moyen de détourner le système.

    On se demande donc pourquoi nos députés continuent à faire des lois, puisqu’il se trouvera toujours quelqu’un pour les contourner ? Ou pourquoi continue-t-on à nous imposer le permis de conduite, puisqu’on sait très bien qu’on peut conduire sans ?

    Que propose le Gouvernement ?

    Doubler le nombre de structures type maisons de santé (910 en mars 2017) et développer les centres de santé (où travaillent des salariés) en leur consacrant 400 millions d’euros sur le quinquennat, alors que jusqu’à présent on sait très bien que les maisons de santé ont, pour la plupart, été créées en dépit du bon sens souvent, dans des territoires où leur utilités restait à démontrer sauf en tant que de viviers d’électeurs potentiels …

    Clairement, elles n’ont pas participé de façon significative à la résolution du problème de la désertification médicale et l’on pourra créer tous les centres que l’on veut ; tant qu’on continuera à mal gérer les territoires, il y a fort à parier que les jeunes médecins continueront à refuser de s’implanter dans nos campagnes ou dans des banlieues oubliées.

    Développer la télémédecine ou encore des «pratiques avancées entre professionnels» (des infirmiers réalisant des actes médicaux par exemple)favoriser la «coopération» entre professionnels et entre la ville et l’hôpital, de dépasser «les cloisonnements institutionnels» et d’accélérer «l’innovation organisationnelle» grâce à un fonds dédié.

    Encore une fois on met la charrue avant les bœufs, comment envisager des réseaux de télémédecine sans un accès haut débit généralisé et sans un praticien pour en assurer le bon usage. Ne serait-il pas plus simple de s’appuyer sur l’existant, notamment sur les infirmiers libéraux qui eux, sont présents sur tout le territoire, ont déjà accepté une régulation démographique et sont joignables 24h/24 et 7j/7.

    Alors qu’on parle de déléguer de nouveaux actes aux infirmiers de ville, nous souhaiterions savoir lesquels, car nous voyons malheureusement pour le moment que c’est exactement l’inverse qui est en train de se produire, puisqu’on fait rentrer dans le parcours de soin les employés de la Poste ou les pharmaciens qui ont certainement mieux à faire.

    Pourquoi aller dans le détail alors que l’essentiel est oublié, l’Onsil revendique toujours l’accès direct à la profession, la reconnaissance de notre rôle propre, la consultation infirmière autonome dans le cadre de notre rôle propre et la possibilité, dans nos cabinets, de pouvoir à l’instar de nos collègues hospitaliers, gérer la bobologie et servir de 1er sas de tri afin de dégager du temps médical et de désengorger les services médicaux d’urgence.

    Nous voyons bien que la nouvelle façon de faire de la politique de Monsieur Macron s’inscrit dans la continuité d’une logique de refus de voir notre profession évoluer.

    Élisabeth Maylié, Présidente.

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